qu'est ce que le rêve?
Beaucoup dirons que le rêve est le travail du subconscient lorsque nous dormons, le "corps" laisse alors la place au "moi".
Il est vrai que lorsque nous dormons, notre inconscient devient beaucoup plus productif, et révèle nos désirs et nos craintes, ces choses enfouis que l'on pensait dominer...Mais sans le corps il est impossible de faire face. Le rêve est une autre vie, un autre monde, dans lequel notre esprit, débarrassé de ce fardeau fait de chaire et de sang, s'égard...
Mais qu'advient-il du rêve éveillé?
les rêves auquels nous aspirons tous? les rêves que nous pouvont contrôler et modeler à notre guise? C'est une chose étrange, ce sentiment de parfaite harmonie qu'apporte cet équilibre entre le corps et l'esprit.
Alors, nous ne sommes plus vraiment sur cette terre, nous nous retrouvons dans ce monde heureux, cet endroit mille fois imaginé...
Je me retrouve à l'âge de mes 8 ans, l'été apporte une douce chaleur, et la lumière du soleil au crépuscule apporte cette atmosphère propre aux souvenirs. Ma grand-mère m'appel pour dîner, le chant des crickets raisonne dans la campagne, une légère brise fait frissonner les hautes herbes, et une multitude de sauterelles, et de papillons s'envole dans les airs pour se poser un peu plus loin. je m'approche doucement, guettant le moment propice et de mes petites mains d'enfant j'attrape une sauterelle, je rigole, elle me chatouille les mains, et ses bonds se faisant plus intense je prend peur et la libère dans un sursaut. Alors je me mes à courir. Courir sans raison libère l'esprit, je fais la course contre le vent, contre les méchants qui me poursuivent, mais je cours toujours plus vite, mon coeur s'emballe, ma respiration s'accélére, cette montée d'adrénaline me procure une véritable jouissance et je ris, je ris comme l'enfant que je suis, je hurle pour montrer au monde que j'existe, pour ressentir cette vie qui est en moi... A 8 ans je suis plus rapide que n'importe qui, plus rapide que le vent!...
Je vois ma grand-mère qui m'appelle au loin.
je me précipitais sur la balançoire, d'abord à plat ventre je me balançais d'avant en arrière, je sentais l'odeur de l'été, un mélange d'herbe de terre et de fleurs, un si doux parfum...
puis je m'asseyais sur cette petite planche de bois qui procure tant de bonheur, je prenais mon élan je m'envolais, toujours plus haut, je pouvais toucher les nuages de la pointe des pieds, je survolais ce monde qui me paraissait si grand. Du haut de ma balançoire je devinais la cyme des arbres, je voyais l'étang, au loin, duquel revenait une ribambelle de cannetons...
Se balancer, éprouver une liberté infinie. J'avais pu dominer le ciel, pourquoi pas le monde?
Tout n'était qu'aventures et merveilles, il me restait tellement de choses à découvrir, à 8 ans une vie entière s'ouvrait à moi et c'était à moi de faire en sorte qu'elle soit la plus belle et la plus heureuse possible.
Je me balançais encore et toujours, et lorsque l'ascencion reprenait, j'avais l'impression que mille papillons s'envolaient au creux de mon ventre, et je souriais, je souriais à ma grand-mère qui me regardait. Je souriais à l'oiseau qui volait haut dans le ciel.
Je souriait à la vie tout simplement...
C'est dans ce rêve éveillé que, 10 ans plus tard je me rend compte que j'envie l'enfant que j'étais, j'envie l'inscouciance et la fraîcheur qui émanait de moi. Puis je regarde le ciel, il n'a pas changé, mon vieux compagnon, il est toujours au rendez-vous, et sa pureté est la même qu'autrefois...alors moi aussi je serais comme le ciel, et peut-être qu'en m'envolant dans cette immensité azur, je retrouverais l'enfance de mes 8 ans...